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Message de l'architecte

C'était au début de 1988 que l'on a décidé de construire le musée Whanki a Séoul. Etant donné que je suivais de près M. Soowha, de son vivant, la tâche qui m'incombait me semblait naturelle, mais pesait lourd à cause d'un sentiment de responsabilité. J'ai tâché de m'évoquer les souvenirs concernant M. Soowha dans l'idée vague que le musée devrait ressembler au monde artistique et à la sensiblité de M. Soowha. J'ai conclu qu'il serait bien si je pouvais concevoir un musée réflétant à la fois la modernité et la senbilité coréenne, toutes les deux s'harmonisant bien avec les éléments naturels dont la montagne, la lune, les nuages et les arbres.

  Le site, lors de la conception de l'architecture, montrait une pente trop rapide, l'écart vertical atteignait en effet 8 mètres entre la route principale et le site. L'acquisition, entre temps, du site avoisinant du côte ouest, m'a permis de réaliser le projet initial, qui semblait irréalisable : aménagement de l'espace pour le garage, le jardin et le bâtiment annexe consacré aux expositions spéciales et à accueillir des réunions. 

  A la différence de l'art pur dont la peinture et la sculpture, l'architecture a un but utilitaire. Il est, par conséquent, indispensable de répondre pratiquement à ces besoins utilitaires. Quant au musée, le but fonctionnel consiste à créer un environement propre à l'exposition et à la conservation des oeuvres artistiques ainsi qu'à aménager des espaces nécessaires pour la réunion, l'éducation et le repos afin d'enrichir la fonction culturelle du musée.

  En ce qui concerne l'expérience architecturale de l'espace consacré à l'exposition,  ce qui est important avant tout est l'appréciation des oeuvres exposées. D'autres expériences sont complémentaires à cette appréciation. Le musée est un lieu où se réalisent des contacts entre le visiteur et les oeuvres d'art de façon successive et collective. Ces expériences concentrees ont besoin d'un certain rythme permettant de courts  arrêts et le repos. Insérer judicieusement l'élément de la nautre et celui de la ville permet, à travers ces expérience contrastées, de mettre l'accent sur la pureté concernant le contact avec les oeuvres d'art et d'enrichir l'expeience generale que l'on peut avoir dans le musée.

  Le musée étant un ensemble spatial muni de tissus organiques, une expeience architecturale s'accompagne de façon naturelle. L'architecture du musée requiert une pureté tant dans ses matérieux que dans sa conception formelle. Cette exigence oblige les éléments plastiques de la construction a s'exposer le plus. Ainsi, un contact avec l'espace architectural s'ajoute a la signification et la reconnaissance d'un bâtiment à l'usage public. Il me semble donc que l'appreciation des oeuvres d'art et l'architecture du musée sont en relation complementaire pour constituer  une expeience generale. 

  La vallee de Buam-dong est plutôt exiguë pour accueillir des bâtiments de grande envergure. La superficie est limitee et sa forme est, en même temps, compliquee. Par contre, le musée requiert un volume important, car, la hauteur de chaque niveau doit être suffisante pour accueillir des oeuvres d'art. Pour satisfaire ces conditions contradictoires, j'ai tente de distribuer les espaces pour plusieurs programmes en sous-sol. En même temps, j'ai voulu que plusieurs bâtiments separes constituent un ensemble. Ainsi, tous les bâtiments, tout en ayant d'autres formes et d'autres fonctions, constituent un ensemble qui remplit la signification et la fonction du musée.       

  A l'interieur du mur, les bâtiments se rassemblent autour de la cour centrale et constituent un axe concordant avec celui de la vallee. Les bâtiments princiaux se trouvent en face du versant tandis que les installations annexes sont construites selon la ligne exterieure du site. Le bâtiment annexe à l'entree du musée se trouve dans l'axe principal pour l'harmonie de l'ensemble. Ces petits changements à l'interieur d'un grand courant reflètent successivement les ordres, grands et petits, de l'ensemble.   

  L'accord entre l'axe principal de l'architecture et la direction de la vallee met en relief le courant spatial au milieu de la vallee. Par ailleurs, l'insertion de l'espace vide dans l'axe est-ouest parmi ces bâtimets permet d'apercevoir de loin le mont Inwang et les murailles de la montage Bukhan. Par contre, l'intallation des murs de l'est à l'ouest permet de separer la vue desagreable des alentours. La hauteur de bâtiments, fixee d'aillers par la loi locale, construits au même niveau, permet de reconnâitre discrètement la géographie du lieu. La salle d'exposition permanente, située géographiquement au plus haut point, se trouvant également au plus haut point de l'itinéraire des visiteurs, garde un sens symbolique, avec sa forme architecturale de deux vôutes. L'extérieur du bâtiment administratif est construit de façon à donner l'impression d'un escalier, afin d'encourager l'harmonie avec d'autres petits bâtiments et d'évoquer la géographie du lieu qui s'élève graduellement du côté est.   

  Quant aux matériaux de bâtiments, les parties qui jouxtent la terre sont en pierre comme dans la construction traditionnelle coréenne. La partie supérieure est également en pierre, exprimée comme panneau-toiture. Les toits sont couverts de plaques de cuivre ajouté de plomb. Le bâtiment annexe est construit avec des briques traitées sous haute pression afin d'exprimer l'universalité par rapport à la particularité exprimée dans le bâtiment principal.

A l'intérieur du muése, le noyau est un espace de 8 mètres cubiques installé dans la cour intérieure et au sous-sol. Cet espace sert de salle d'exposition ainsi que de l'espace multifontionnel. Cet espace a la fonction d'une place centrale et joue le rôle principal. L'escalier circulaire permet l'accès à plusieurs salles d'exposition. Les murs transparents dissipent le sentiment d'isolement et évoquent une liaison avec l'extérieur.

  Les espaces de liaison sont installés aux parties reliant les salles d'exposition et l'espace central. Cette installation permet de mettre l'accent sur l'indépendance de chaque salle. Ces espaces de liaison abritent également des équipements divers nécessaires au maintien du musée. Le système d'itinéraire est conçu sous forme circulaire, qui se croise ici et là afin de permettre aux visiteurs de choisir leurs propres itinéraires.

  Les murs intérieurs de la plupart des salles d'exposition et d'autres salles sont peints en blanc. Le plafond et les murs sont traités des mêmes matériaux. Leur plasticité est assurée par les formes et les dimensions particulières. Les lumières pour l'exposition sont artificielles afin de faciliter l'ajustement de lumière et la conservation des oeuvres d'art. Par ailleurs, excepté les salles pour l'exposition de dessins, d'autres salles d'exposition accueillent la lumière naturelle de façon indirecte afin de dissiper le sentiment d'isolement.

  Etant donné que le musée se trouve dans une grande ville, une place large est aménagée pour le repos à l'espace extérieure. Pour enrichir la visite au musée, j'ai préparé des arbres, l'espace pour le repos pour la promenade sur tous les terrains,  excepté le terrain incliné du côté nord, De la porte principale du musée au bâtiment principal est construit un espace central extérieur autour de deux pins qui sy trouvaient d'ores et déjà. Cet espace sert d'une cour menant au bâtiment principal et au bâtiment annexe. Au milieu du bâtiment principal se trouve la cour intérieure. La promenade et le jardin d'arrière sont construits entre les bâtiments et le mur. Cet espace extérieur continue sous forme circulaire et rencontre l'itinéraire intérieur du musée. Cela permet une expeience diverses tant à l'intérieur qu'à extérieur suivant un itinéraire.  

  Le projet pour la construction du musée a pris cinq ans pour voir son achèvement. Mais la vie du musée est beaucoup plus longue que la durée de la construction. A la différence des bâtiments commerciaux ou des résidences, le musée qui abrite les oeuvres d'arts nourrit une longue vie ainsi que les oeuvres d'art résistent au changement du temps et de visiteurs. Les visiteurs viendront de loin. Au-delà du temps où M. Soowha et nous avons vécu, qui, malgré tout, sera marqué naturellement et inévitablement sur le musée, j'ai voulu donner une vie durable au musée par une architecture susceptible d'exprimer la force vitale du terrain abritant le musée et la signification qu'a un certain ordre de bâtiments.